LA PETITE HISTOIRE DU FONDS DE FILMS FIXES DE LA BIBLIOTHEQUE DIOCESAINE DE NANCY

Alain Redon



QUELQUES GÉNÉRALITÉS :
1 - LES FILMS RELIGIEUX
2 - LES FILMS RECREATIFS
3 - LES FILMS D'ENSEIGNEMENT GÉNÉRAL
4 - LES FILMS PERSONNALISÉS
5 - LES FILMS D'ACTUALITES
LE FONDS DIOCÉSAIN
UN PEU D’HISTOIRE…
Les mots "films fixes" ont la particularité de raviver, chez les personnes d'un certain âge, des souvenirs heureux de leur petite enfance et beaucoup de nostalgie.

QUELQUES GÉNÉRALITÉS :


Nous sommes dans les années 1945-1955. On se souvient du curé de la paroisse, du patronnage et des séances de catéchisme du jeudi souvent suivies d'une projection récréative : TINTIN ET MILOU, JIM BOUM, SYLVAIN ET SYLVETTE, PERLIN ET PINPIN...
On se souvient également du matériel utilisé : projecteur, écran et bobines de films rangées dans de petites boites rondes ou carrées, en carton, aluminium ou plastique. C'était la grande époque des films fixes.


Boite carton O.D.F.


Le film fixe peut se définir comme ceci : Rouleau de pellicule comportant des images en "positif" largeur 30mm, 1 rangée de crans, pour les films du PATHEORAMA de la maison PATHE CINEMA et largeur 35mm, avec deux rangées de crans, pour les autres fabricants. Longueur 50 à 130 cm comprenant en moyenne 40 à 50 images, photographies, dessins ou illustrations.
Les textes accompagnant chaque image sont, soit imprimés sur le film, soit fournis à part sous la forme d'un livret. La maison d'édition O.S.E.F a édité des films sous la forme de bandes horizontales comprenant chacune une douzaine d'images.


Films bandes O.S.E.F.


Le film fixe a avantageusement remplacé la projection d'images au moyen d'une lanterne magique et de plaques de verre qui présentaient plusieurs inconvénients majeurs :
  • -le poids des plaques de verre
  • -le volume important des lanternes magiques
  • -la mauvaise qualité de l'image due à un éclairage souvent insuffisant

Lanterne magique "Lapierre" Paris vers 1880

Plaques de verre "Lapierre" Paris vers 1900

Moins onéreux à l'achat et beaucoup moins fragile, le film fixe, apparu dans les années 1920, a rapidement remplacé les plaques de verre. Il a été lui même remplacé dans les années 1970 par la diapositive.
La Bibliothèque Diocésaine possède également un fonds de plaques de verre à thèmes religieux, récréatif, documentaire et touristique actuellement en cours d'inventaire. Quelques lanternes magiques sont peut-être encore à découvrir.
C'est la société PATHE-CINEMA qui, au milieu des années 1920, a commercialisé les premiers films vendus avec une visionneuse individuelle dite "PATHEORAMA". Cette visionneuse pouvait intégrer un projecteur "COCORICO" (brevet PATHE) pour une projection des images sur un écran adapté. Les grands sujets choisis étant :
  • -Les "séries enfantines" : images d'Epinal, contes, légendes...
  • -les films "touristiques et divers" : Villes, paysages, voyages, colonies françaises...
  • -les films "documentaires" : vedettes de l'écran, du théâtre, hommes politiques, corrida, chasse aux crocodiles, Nanouk l'esquimau...
  • -les films "d'actualités" entre novembre 1923 et juin 1925.
Les films étaient commercialisés en noir, sépia, bleu ou couleur.
Le PATHEORAMA couvre quelques dizaines d'années et concerne quelques centaines de titres. Cette production : films, visionneuses et projecteurs est très recherchée aujourd'hui par les collectionneurs.

Projecteur "Cocorico" PATHéORAMA

Films PATHéORAMA

A la suite de la maison PATHE, d'autres maisons d'édition se sont rapidement lancées dans la production et la vente de films et projecteurs. Pour ne citer que les plus importantes :
  • -LA MAISON DE LA BONNE PRESSE
  • -LES EDITIONS DU BERGER
  • -LES EDITIONS BLOUD ET GAY
  • -LES BEAUX FILMS (précédemment nommés "Les Bons Films")
  • -FILMOSTAT
  • -LES EDITIONS DE L'OFFICE SUPERIEUR DE L'ENSEIGNEMENT PAR LE FILM (O.S.E.F)
  • -LAROUSSE
  • -LES EDITIONS FILMEES
  • -LES EDITIONS NOUVELLES POUR L'ENSEIGNEMENT
  • -L'OFFICE DE DOCUMENTATION PAR LE FILM (O.D.F)
Une soixantaine d'autres maisons, moins productives, peuvent être répertoriées.
5 grands thèmes ont été traités :
  • 1. Les films religieux
  • 2. Les films récréatifs
  • 3. Les films d'enseignement général
  • 4. Les films personnalisés
  • 5. Les films d'actualités
1 - LES FILMS RELIGIEUX

Principales maisons d'éditions :
  • a - LA MAISON DE LA BONNE PRESSE
  • b - LES EDITIONS DU BERGER
  • c - LES EDITIONS BLOUD ET GAY
  • d - LES EDITIONS LUMINA
  • e - LA CENTRALE SAINT JEAN

Films éditions "La Centrale Saint Jean"

Quelques titres :
  • a - LA MAISON DE LA BONNE PRESSE
    • -L'Alliance avec Dieu : 36 bobines (illustrations M. Pignal)
    • -Jésus de Nazareth : 36 bobines
    • -Bambo : 30 bobines
    • -Bible de Vignola : 5 bobines
    • b - LES EDITIONS DU BERGER
      • -La miche de pain : 96 bobines noir et blanc et couleur
      • -Les actes des apôtres : 12 bobines
      • -La plus belle aventure : 12 bobines
      • -Komayak : 8 bobines
      • -La belle vie de Notre Dame : 6 bobines (illustrations Rigot)
      • -Les fondateurs d'ordre : 20 bobines
      • -Sainte Bernadette : 5 bobines (illustrations Rigot)
    • c - LES EDITIONS BLOUD ET GAY
      • -La vie, les miracles, l'enseignement de notre Seigneur Jésus Christ : 20 bobines (illustrations M. Pignal)
      • -L'expansion du catholicisme à travers le monde : 6 bobines
      • -Sainte Jeanne d'Arc : 3 bobines
      • -L'Eglise et les destinées de la France : 5 bobines
    • d - LES EDITIONS LUMINA
      • -Catéchisme à l'école de Jésus : 30 bobines
      • -Jésus, témoin du Père : 20 bobines
      • -Rencontre avec le Christ : 6 bobines

      Boites cartons éditions "Lumina"
  • e - LA CENTRALE SAINT JEAN
    • -Les origines : 10 bobines
    • -L'église et la paix : 5 bobines
    • -La cordée : 30 bobines
On retrouve souvent le nom de Marie PIGNAL dans l'illustration de ces films religieux. Pour la petite histoire, au moins deux maisons d’édition : « OSEF » et « LUMINA » ont édité une série sur les 7 péchés capitaux qui, comme chacun sait sont l’orgueil, l’avarice, la luxure, l’envie, la gourmandise, la colère et la paresse. La luxure, un peu délicate à présenter aux enfants, a été remplacée par le mensonge dans ces séries OSEF et LUMINA.
2 - LES FILMS RECREATIFS

Principales maisons d'édition
  • a - LES BEAUX FILMS
  • b - FILMOSTAT
  • c - LES EDITIONS FILMEES
  • d - LA MAISON DE LA BONNE PRESSE
  • e - O.S.E.F
  • f - LES EDITIONS DU BERGER
  • g - LES EDITIONS BLOUD ET GAY

Quelques titres :
  • a - LES BEAUX FILMS
    • -Tintin et Milou : 18 titres noir et blanc, 22 titres couleur (Hergé)
    • -Corentin : 5 titres (Cuvelier)
    • -Modeste et Ponpon : 10 titres (Franquin)
    • -Blacke et Mortimer : 5 titres (Jacobs)
    • -Chlorophylle: 4 titres (Macherot)
    • -Ric Hochet : 4 titres (Tibet)

    Page de garde d'un catalogue des éditions "Les Beaux Films"
  • b - FILMOSTAT
    • -Le canyon mystérieux : 10 bobines (Cuvelier)
    • -Au pays des monstres : 10 bobines
    • -Le secret du papyrus : 18 bobines
    • -Le roman de Renart : 8 bobines
    • -Fripounet et Marisette : 5 titres (Bonnet)
    • -Oscar et Titus : 5 titres (Breysse)
    • -Perlin et Pinpin : 12 titres (Cuvillier)
    • -Sylvain et Sylvette : 18 titres (Cuvillier)
  • c - LES EDITIONS FILMEES
    • -Simbad le marin : 10 bobines (M. Pignal)
    • -Histoires amusantes : 18 bobines
    • -Les 3 mousquetaires : 10 bobines
    • -Les fables de la Fontaine : 10 bobines

    Boite de films Tintin éditions "Les Beaux Films"
  • d - LA MAISON DE LA BONNE PRESSE
    • -Papus le marin : 10 bobines
    • -Pat'Apouf : 13 titres (Gervy)
    • -Le baron de Crac : 4 bobines (M. Pignal)
    • -La bonne gaîté française : 10 bobines (M. Pignal)
  • e - O.S.E.F
    • -Nils Holgerson : 12 bobines
    • -Placid et Muzo : 24 bobines
    • -Pif le chien : 8 bobines
    • -La course au trésor : 40 bobines (Alec)
    • -Toto au Mexique : 8 bobines (Rob Vel)
    • -Les aventures de Papounet : 24 bobines
  • f - LES EDITIONS DU BERGER
    • -Astérix le Gaulois : 14 bobines (Uderzo)
    • -La serpe d'or : 14 bobines (Uderzo)
  • g - LES EDITIONS BLOUD ET GAY
    • -Calendhor la disparue : 12 bobines
    • -Fabiola : 12 bobines
    • -Le livre de la jungle : 12 bobines
    • -Electron Z : 18 bobines
  • Les grands noms de la bande dessinée sont représentés dans les films récréatifs : CHRISTOPHE, COPPAZ, CUVILLIER, FRANQUIN, HERGE, JACOBS, JIJE, LE RALLIC, MACHEROT, PILAMM, PINCHON, RIGOT, SAINT-OGAN, UDERZO, VANDERSTEEN... Pour information : consulter le site consacré aux films fixes récréatifs : films.fixes.chez-alice.fr/ créé par Claude KIRSCH qui a également participé à l'inventaire du fonds de la bibliothèque diocésaine. Claude KIRSCH nous a quittés en janvier 2010 après avoir laissé à notre disposition un site remarquable et peut-être unique, qui répertorie 5610 bobines représentant la production de 17 maisons d'édition et concernant plusieurs centaines de titres divers. Quelques séries de films, destinées aux écoles maternelles, n'ont pas été intégrées au site.
    3 - LES FILMS D'ENSEIGNEMENT GéNéRAL

    Principales maisons d'édition :
    • a - LES EDITIONS NOUVELLES POUR L'ENSEIGNEMENT
    • b - LES EDITIONS FILMEES
    • c - O.S.E.F
    • d - LAROUSSE

    Les principaux sujets traités sont : Géographie, Economie, Ethnographie, Zoologie, Botanique, Géologie, Physique, Chimie, Médecine, Histoire, Beaux Arts....
    4 - LES FILMS PERSONNALISéS

    Les maisons d'édition réalisaient une bobine à partir de développement papier. Cela pouvait concerner toutes sortes d'évènements comme les colonies de vacances, le patronage, le scoutisme, les sorties touristiques...
    5 - LES FILMS D'ACTUALITES

    3 maisons d'éditions ont commercialisé ce genre de films :
    • de 1923 à 1925 : PATHEORAMA
    • à partir de 1953 : PARIS MATCH
    • de 1956 à 1959 : COEURS VAILLANTS ET AMES VAILLANTES

    Afin de compléter le thème "FILMS D'ENSEIGNEMENT GENERAL", on ne peut passer sous silence O.D.F, L'OFFICE DE DOCUMENTATION PAR LE FILM. Cette maison d'édition commercialisait des films à vocation publicitaire, réalisés à l'initiative de groupes industriels ou de chambres syndicales, destinés aux enfants des écoles et abordant des thèmes concernant leur santé ou leur vie quotidienne. Exemple :
    • HAND BALL : BANANIA
    • LE LAIT : : NESTLE
    • LE LAVAGE DU LINGE : PERSIL
    • LA LOCOMOTION INDIVIDUELLE : VELOSOLEX
    • LA MARCHE : HUTCHINSON
    • LES BONS MICROBES : DANONE
    • LA MONTRE : LIP
    • LE MOTEUR A EXPLOSION : RENAULT
    • LA NUTRITION : OVOLMATINE
    • LA MOUCHE : FLY TOX
    • LE PETROLE : ESSO
    • LA PILE ELECTRIQUE : WONDER
    • LA PEAU : NIVEA
    • LA POUSSIERE : ELECTROLUX

    boite de film ODF
    et de nombreux autres titres...
    Presque toutes les maisons d'éditions ont commercialisé des projecteurs :
    • -Le "COCORICO" (6 modèles) de la maison PATHE
    • -les projecteurs "LAROUSSE"
    • -la série des SFOM
    • -le CAMERAFIX, très pratique parce que peu encombrant
    • -le MALIK, très employé dans les écoles parce que d'un emploi pratique
    • -le BABYSTAT
    • -le FILMOSTOP BP
    • -le LUX 75
    • -le PRESTINOX PRESTIGE 2500…

    projecteur camerafix
    Chaque type d'appareil ayant bénéficié d'améliorations au fil du temps, on peut estimer qu'il en existe des dizaines différents et qu'à moins de posséder un volume de stockage important, il est déconseillé de vouloir les collectionner.

    LE FONDS DIOCéSAIN


    Après ce petit aperçu, bien incomplet, du monde du film fixe, il est temps de revenir à la petite histoire du fonds de la bibliothèque diocésaine.
    L'idée de collecter les films dans les presbytères des paroisses du Diocèse de Nancy et au delà, de les regrouper dans un même endroit afin de sauvegarder un patrimoine oublié, a germé au cours d'une soirée réunissant plusieurs prêtres, dont mon grand frère Michel REDON, dans une maison isolée au lieu-dit "MAILLEGOUTTE" au dessus de Barbey-Seyroux dans les Vosges.
    Ceci se passait dans les années 1980. Le message, transmis de bouche à oreille, aux éventuels possesseurs, a permis la collecte de milliers de bobines qui ont été stockées à la bibliothèque diocésaine dans une ancienne chambre de séminariste. Plusieurs bénévoles ont travaillé à l'inventaire pendant plusieurs années, la tâche était immense. Ils se sont trouvés face à plusieurs milliers de bobines, plus ou moins bien rangées et en plus ou moins bon état.
    Aujourd'hui, l'inventaire terminé est en cours de vérification. Il est construit par maison d'édition et sur les 5 grands thèmes : religieux, récréatifs, enseignement général, personnalisés et actualités.
    Il référencie 1450 titres ou références qui représentent 5507 bobines dont : en cliquant sur les lignes ci-dessus, vous pourrez afficher les pages répertoriant les films; vous pouvez également faire une recherche par titre sur tout le répertoire.
    Plus de 50 maisons d'édition sont concernées.
    Les films sont conservés dans un meuble provenant de l'ancienne colonie des Tronces (Vosges) colonie de la paroisse Saint Léon de Nancy. Le meuble comporte 80 tiroirs, les films sont très directement et facilement accessibles.
    L'inventaire a révélé une grande quantité de doubles, surtout à thème religieux. Ces doubles, environ 11500, sont proposés chaque année à la grande vente de livres qui a lieu le dernier week-end d'octobre à la maison de l'Asnée.
    Aujourd'hui, la source s'est beaucoup tarie. La bibliothèque récupère, bon an mal an, quelques boîtes ou petits lots qui sont immédiatement intégrés à l'ensemble.
    Il est cependant fort probable que quelques boîtes ou lots orphelins, oubliés dans les presbytères ou dans les greniers des écoles, ne demandent qu'à rejoindre la grande famille domiciliée à la bibliothèque diocésaine. Ils seront les bienvenus.
    Tout n'est pas dit dans cet article généraliste.
    Celles ou ceux qui voudraient en savoir un peu plus, peuvent consulter :
    • -le site de l'ASFFA (Association de Sauvegarde des Films Fixes en Anjou) : asffa.angers.free.fr
    • -le site de Claude Kirsch : films.fixes.chez-alice.fr cité précédemment
    • -les articles publiés sur internet par quelques archivistes ou chercheurs. Pour cela, il suffit de taper "films fixes"

    Il y a encore beaucoup de recherches à effectuer, beaucoup d'articles à écrire sur ce petit monde du film fixe qui est encore loin d'avoir révélé toute sa richesse, sa diversité et ses secrets.

    Beaucoup reste à faire...
    Alain REDON

    novembre 2013
    • Merci à Claude KIRSCH qui m'a presque tout appris dans ce domaine du film fixe.
    • Merci à Bernard STELLY pour sa grande patience, eh oui !!
    • Merci à Michel REDON qui a, très tôt, eu l'idée de collecter et rassembler les films éparpillés dans tout le diocèse et au delà, à une époque ou plus personne ne s'en préoccupait.
    • Merci à Josiane REDON qui a effectué la mise au propre de cet article après y avoir apporté quelques améliorations.
    • Merci à Marie-Marthe Reiter pour sa précieuse collaboration.
      Livret des éditions Lumina

    UN PEU D’HISTOIRE…


    Pour être tout à fait franc, je dois bien reconnaître qu’au départ, je n’ai jamais eu l’intention d’entreprendre une collection de petits films fixes.
    Cela remonte au temps où j’étais jeune prêtre, et où avec d’autres jeunes prêtres voisins nous avions l’habitude de nous réunir un dimanche soir par mois, pour des soirées-détente, meublées le plus souvent par une quelconque partie de cartes.
    Il s’est trouvé qu’un soir l’un d’entre nous, dans l’idée d’égayer notre petit groupe, est venu avec une série de films fixes sur le thème des péchés capitaux. Le style un peu vieillot de ces petits films pouvait prêter à sourire…et c’est ainsi que l’idée m’est venue de chercher s’il en existait d’autres du même style.
    Il faut ajouter qu’en plus du sourire éventuel, le visionnage de ces bobines nous permettait également de nous souvenir du bon vieux temps, le temps de notre enfance, où dans le cadre du patronage ou de séances de catéchisme, ces films nous avaient été projetés. Honnêtement, il faut bien reconnaitre que nous nous souvenions davantage des Tintin et Milou ou autres Jim Boum, mais la condition était là : pour avoir droit à un Tintin, il fallait d’abord se montrer très sage pendant la projection d’autres films plus sérieux.
    J’ai donc commencé la chasse, c’est-à-dire à demander un peu partout, dans les paroisses, les colos, les presbytères, si dans quelque fond de tiroir quelques bonnes vieilles bobines n’étaient pas en train de dormir.
    Comme chacun le sait, les réseaux ecclésiastiques fonctionnent plutôt bien ; et les bobines ont commencé à affluer. Ainsi, en quelques années, je me suis trouvé en possession de près de 2000 films, c’est-à-dire beaucoup plus que je ne l’espérais.
    J’ai réalisé alors que les choses prenaient une dimension à laquelle je n’avais pas pensé au départ : je me suis dit que ce que j’avais rassemblé là entrait dans l’ordre du patrimoine de l’église, que cela dépassait ma propre personne et mes compétences personnelles.
    C’est ainsi que cette collection a trouvé asile à la Bibliothèque Diocésaine, en même temps qu’un certain nombre de plaques de verre et divers documents photographiques que j’avais rassemblés par ailleurs.
    Depuis, grâce à mon frère, ce qui n’était qu’une petite collection a pris de toutes autres dimensions, et je m’en réjouis beaucoup, et cela pour deux raisons :
    • Cela permet de mesurer l’effort considérable fait par l’église à une époque donnée pour mettre le message évangélique à la portée des enfants.
    • D’autre part, le fait d’avoir rassemblé ces documents pourrait faciliter divers travaux de recherche, y compris universitaires.
    En tout cas, quand je mesure ce à quoi est parvenue aujourd’hui la Bibliothèque Diocésaine, je ne peux que m’en réjouir et lui en être très reconnaissant.

    Michel REDON

    Décembre 2013

      Film "Tintin" des éditions "Les BeauxFilms" Début de pellicule